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JACQUES COEUR DE BOURGES |
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Conférence du vendredi 15 avril 2005 du professeur Robert Guillot, agrégé d'histoire.
DU NOUVEAU SUR JACQUES CUR ?
Cette conférence s'est tenue au palais Jacques Coeur de Bourges.
Deux ans après avoir montré sur quels documents originaux avaient été bâtie une histoire scientifique de l'Argentier, le médiéviste, Robert Guillot voudrait maintenant faire le point sur un certain nombre d'interprétations de la documentation disponible.
En effet, à l'exception des comptes de l'Hôtel des Monnaies de Bourges et des traces laissées par les liens de l'équipe marseillaise de Jacques Cur avec la grande famille florentine des Pazzi, il semble bien que la phase de recherche documentaire touche maintenant à sa fin.
Il resterait à clarifier les hypothèses formulées à partir de sources déjà connues.Il en va ainsi tout d'abord des affaires de Jacques Cur. Il apparaît en premier lieu que l'on a jusqu'ici sous estimé la difficulté rencontrée par un homme du centre du royaume pour s'introduire dans les affaires méditerranéennes dominées par les Génois et les Vénitiens. S'assurer de la neutralité de ces rois de la mer, obtenir l'appui de la Papauté, du roi de France, du roi d'Aragon, l'accord du sultan d'Alexandrie, tout cela exigeait un courage, une persévérance et une habileté diplomatique hors pair.
Quant à la compréhension de la nature et de la structure de ses entreprises, elle a peut-être trop longtemps souffert de l'inadaptation d'un vocabulaire peu familier à notre époque.
C'est la raison pour laquelle sera avancée une analyse faisant intervenir des concepts de notre temps comme délocalisation, concentration verticale, holding ..
Robert Guillot pense avoir surestimé jusqu'ici la part prise par la volonté de s'emparer des biens de Jacques Cur dans la décision d'ouvrir un procès. Il importe de placer au premier plan la détermination de Charles VII qui, la paix retrouvée, veut remettre de l'ordre dans les affaires publiques.
Assumée directement par les hommes du roi et non par les magistrats du Parlement de Paris, la procédure retenue est en parfaite cohérence avec cette détermination.S'agissant de l'affaire Agnès Sorel - qu'il s'agisse d'un empoisonnement criminel ou résultant d'une médication mal dosée - aucune charge n'a été imputée à Jacques Cur au cours d'un procès marqué par le rôle (insuffisamment relevé) joué par Otto Castellani, son successeur à l'Argenterie.
Reste l'approche même du personnage pour lequel il est possible de proposer un portrait physique un peu oublié : celui qu'à réalisé en 1941 le peintre Lucien Jonas et - s'il est vrai qu'un Jacques Cur peut en cacher un autre - de montrer la figure d'un patriote attaché à la France et à son roi, venant compléter les images déjà retenues par les spécialistes : celle du grand entrepreneur ou celle du grand commis.
Merci à Georges Buisson et à l'équipe du Palais Jacques Cur.